mardi 13 avril 2021

Les films de Pierre Prévert

 Coffret Frères Prévert – 3 DVD (Doriane films) 

Autant l’on connaît l’abondante contribution au cinéma de Jacques Prévert, autant l’œuvre de son frère Pierre demeure méconnue et fut même incomprise en son temps. Si les cinéphiles n’avaient pas manifesté leur enthousiasme pour des chefs d’œuvre tels que L’affaire est dans le sac et Voyage surprise, il est fort à parier que ces films auraient disparu à jamais du patrimoine. À une certaine époque la pellicule cinématographique était recyclée en vernis à ongles lorsque les films n’avaient pas eu le succès escompté. C’est tout le drame de Pierre Prévert qui ne put tourner que trois longs-métrages pour le cinéma, films dont les échecs commerciaux le condamnèrent à ne plus travailler qu’occasionnellement pour la télévision. 

 

Grâce à Doriane Films et au magnifique travail de restauration d’Hiventy, il est désormais possible de redécouvrir les films de Pierre Prévert dont le génial Voyage surprise en version intégrale. Dans ce coffret indispensable figurent également deux courts-métrages et deux longs-métrages de télévision. Terry Gilliam adorerait ces films à l’esprit très Monty Python tant ils sont truffés d’inventivité : personnages hauts en couleurs, situations abracadabrantesques, rythme effréné, tout concourt à un régal pour les yeux. On pense à Mack Sennett et à son burlesque satirique dont nous ne pouvons que regretter l’incursion trop rare dans le cinéma français. Avec Pierre Prévert les scénarios de Jacques renouent avec l’esprit de Paroles et de La pluie et le beau temps dans une liberté de ton que l’on ne retrouvera chez aucun autre cinéaste. Seul Pierre a su traduire en images la truculente inventivité de son frère, déliant le langage cinématographique de ses codes pour y mêler dans un même mouvement rêve, magie, poésie, dessin, métaphore et drôlerie empreinte de gravité.

 

Dans L’affaire est dans le sac (1932) on se gausse des notables aussi bien que de l’homme de la rue et les humains et leurs travers en prennent pour leurs grades. Les acteurs, aussi bien Julien Carette qu’Étienne Decroux font merveille. Il faut voir la séquence des vols à la tire de chapeaux, morceau d’anthologie du cinéma burlesque, tout comme la désopilante scène de l’achat du béret français avec Jacques Brunius. Un classique à revisiter régulièrement.


L’affaire est dans le sac (1932)


Voyage surprise (1947) est une incroyable redécouverte qui nous emmène encore plus loin. On y traverse la France comme sur un manège et le voyage n’en finit pas de nous étonner : quiproquos, fête permanente, courses-poursuites hilarantes s’y enchaînent dans une insolente liberté comme si le film avait été écrit, interprété et mis en scène par des enfants. En prime vous y verrez l’atypique Maurice Baquet, fidèle artiste de la troupe Prévert, l’ineffable Sinoël, Annette Poivre, Piéral dans le rôle d’une comtesse, le lunaire Lucien Raimbourg et la belle Martine Carol dans l’un de ses tous premiers rôles. Un film unique, joyeux, formidable, enchanteur. 


Voyage surprise (1947

Le petit Claus et le grand Claus (1964) d’après un conte d’Andersen avec Maurice Baquet, Roger Blin et Elisabeth Wiener. Astucieusement conçu à partir de dessins et de mat paintings du grand Paul Grimault, on y trouve toute la verve des frères Prévert où le malheur et la méchanceté des humains se transforment ici en une peinture enchanteresse qui n’épargne personne. Produit par l’O.R.T.F, on reste songeur devant les initiatives et la créativité des organismes de télévision de cette époque. 


Le petit Claus et le grand Claus (1964)

 

La maison du passeur (1965) renoue avec l’esprit de Voyage surprise, oscillant sans cesse entre réalité et fiction, imaginaire poétique et jeux d’enfants. Le croustillant Raymond Bussières y campe un ancien combattant survolté qui croit revenir les Allemands quand il voit débarquer chez lui une équipe venue tourner un film sur la guerre de 14. Dans ce film où l’on en tourne un autre, le spectateur finit par se demander si la fiction n’est pas plus vraie que le réel. Une œuvre télévisuelle hors du temps à redécouvrir.


La maison du passeur (1965)

 

Deux très beaux courts-métrages agrémentent le coffret : 


Paris mange son pain (1958), sensible évocation du monde du travail dans le monde disparu des Halles. Chaque figure à chaque coin de rue nous touche parce que le cinéaste sait croquer la vie qui bat comme un dessinateur portraitiste muni d’une caméra. 


Paris la belle (1960) où entre images d’archives tournées par Prévert à la fin des années 20 et images contemporaines, le cinéaste rend hommage à la ville des lumières. Il fait aussi la part belle aux femmes, témoignant des modes et de leurs temps. Un témoignage en forme de symphonie du mouvement qui est aussi une ode à la vie. Le film fut récompensé par un Prix Spécial du Jury Court-métrage au Festival de Cannes en 1959.


 

Coffret LES FRÈRES PRÉVERT


https://dorianefilms.com/description.php?id=1246&i=1

mardi 30 mars 2021

Hommage à Bertrand Tavernier (1941-2021)

Que dire de plus que tout ce qui a été exprimé ces derniers jours, venant du monde entier, suite à sa disparition. Je l’avais connu très jeune lorsque j’animais un ciné-club où il était venu présenter ses films. Bertrand a éveillé ma curiosité de cinéphile, a participé à ma formation de cinéaste, m’invitant dans sa salle de montage, m’orientant sur l’écriture des premiers scénarios. De plus mon premier court-métrage lui avait plu et il l’avait retenu pour le programmer avant Autour de minuit. Chose rare il venait aux projections de ses confrères lorsqu’il le pouvait, même pour un court-métrage. Le nombre de films et de cinéastes que j’ai découvert à travers lui est incalculable. Il m’a suivi jusqu’à la réalisation de mon premier long-métrage qu’il avait aimé jusqu’à m’en faire un retour par écrit. C’est une perte considérable pour le cinéma. Sa passion était restée intacte, ses engouements et ses critiques sur les films devenus légendaires, sans oublier le nombre de causes qu’il a défendues, à commencer par celle de la conservation des films, de la redécouverte de ceux du patrimoine ou celle de la préservation des enregistrements de musiques de films français, quasiment inexistante pour les périodes des années 30, 40 et 50. 

 

Auteur également de documentaires (Philippe SoupaultMississippi BluesLa guerre sans nom…), sa soif de curiosité dans tous les domaines était insatiable. Avec Bertrand le cinéma rayonnait de tous ses feux. Il semblait n’y avoir aucune barrière entre un film à petit budget, un blockbuster, un film philippin, américain, chinois, français, toutes époques confondues. Il a été le premier à réhabiliter des réalisateurs oubliés tels que Edmond T. Gréville, à mettre l’accent sur l’œuvre de Clint Eastwood comme Truffaut l’avait fait jadis avec Hitchcock, à reconsidérer des réalisateurs reniés par la Nouvelle Vague tels que Gilles Grangier et Henri Verneuil. Je me souviens d’une présentation du Clan des Siciliens à l’Institut Lumière où jamais l’on avait entendu cinéphile, de surcroît cinéaste, décrire avec autant de justesse les qualités du film. Il défendit également le cinéma des femmes et permit, grâce à l’Institut qu’il fonda, de redécouvrir en particulier les films de Jacqueline Audry et de Dorothy Arzner. 

 

Il suffisait de consulter son incroyable blog sur les sorties de DVD qu’il animait depuis 2005 pour se rendre compte de sa connaissance inouïe du cinéma sous toutes ses formes et dans tous les domaines. Non seulement il connaissait les films mais la période à laquelle ils avaient été tournés, l’histoire de leur fabrication et celle des studios à travers les metteurs en scène, les scénaristes, les producteurs, les acteurs, les directeurs photo, les décorateurs, les musiciens. Son livre 50 ans de cinéma américain écrit avec Jean-Pierre Coursodon et son documentaire Voyage à travers le cinéma français sont des bibles consultables à toute heure pour les cinéastes et les cinéphiles. On pourrait dire encore bien des choses sur lui, sur son humanité, sa bienveillance, son amitié et son soutien précieux.


Avec Tommy Lee Jones sur le tournage de 
Dans la brume électrique (2009)

Qu’il me soit permis ici de publier ces quelques notes sur quelques-uns de ses films que la télévision a rediffusés ces derniers jours.

 

            Le juge et l'assassin (1976). Film impressionnant qui n'a rien perdu de sa force en 45 ans. Un portrait sans concession de la France de la fin du XIXe siècle où Michel Galabru, acteur de génie, surprend encore tant il est extraordinaire dans le rôle de Bouvier. Philippe Noiret en juge rigide est plus qu'inquiétant et la jeune Isabelle Huppert déjà une très grande actrice. Visuellement le film en cinémascope est magnifique, rarement les paysages de l'Ardèche ont été si bien filmés. Incontestablement l'un des 10 meilleurs films français des années 70.



Coup de torchon (1981). D'abord, on l'a peu dit, Bertrand Tavernier fut l'un des rares cinéastes français contemporains à œuvrer dans des genres très différents : film historique, film policier (Dans la brume électrique), film d'anticipation (La mort en direct), comédie (Quai d'Orsay), film de guerre (Capitaine Conan), drame psychologique (Daddy nostalgie), film social (Ça commence aujourd'hui)... Et si l'on prend le seul genre du film historique, les périodes couvrent le Moyen-âge, (La passion Béatrice), le XVIe siècle (La princesse de Montpensier), le XVIIe siècle (La fille de d'Artagnan), la Régence, (Que la fête commence), le XIXe siècle, (Le juge et l'assassin), la guerre de 14-18, (Capitaine ConanLa vie et rien d'autre), le XXe siècle et ses années 1930 (Coup de torchon), l'Occupation (Laissez-passer), les années 1950 (Autour de minuit) et la guerre d'Algérie (revoir le documentaire La guerre sans nom). De plus, si l'on regarde bien ses films, les traitements cinématographiques sont également extrêmement différents. D'une écriture classique comme celle d'Un dimanche à la campagne, il peut passer à une écriture totalement éclatée comme dans La mort en direct et Coup de torchon, films faits de ruptures de tons et d'une mise en scène heurtée qui tranchent avec le style très retenu de La vie et rien d'autre.

 

Cette constatation étant faite, l'exploit de Coup de torchon réside dans cette idée géniale d'avoir transposé le Texas du roman de Jim Thompson 1275 âmes dans l'Afrique Occidentale Française des années 1930. Tout ce qui faisait la noirceur, le cynisme, la désespérance et la violence de par l'écriture au vitriol du roman américain, se retrouve en un équivalent aussi monstrueux dans le film français qui n'épargne rien de la période montrée.

 

Film hénaurme, gonflé, surréaliste, Coup de torchon n'y va jamais par quatre chemins. Il ose tout et réussit même l'exploit de nous faire rire de la bêtise, de la veulerie et de la méchanceté de l'âme humaine. Coup de chapeau aux acteurs d'y avoir été à fond, Philippe Noiret (particulièrement excellent), Isabelle Huppert, Stéphane Audran, Eddy Mitchell en tête, qu'on n'a jamais vu aussi dingues. Film inclassable, impossible aujourd'hui, c'est en particulier la grande connaissance du cinéma et notamment américain de l'âge d'or qui a permis à Tavernier de réussir son coup et de contourner tous les pièges. Il parvient à faire de son film une œuvre romanesque jamais complaisante et dont la réalisation particulièrement savante prend parfois des accents hustoniens tout en restant profondément française de par les caractères des personnages et ses truculents dialogues. Qu'on aime ou qu'on déteste, Coup de torchon reste unique, intemporel dans le cinéma français, et n'a vieilli en rien.



Un dimanche à la campagne (1984). J'adore les films dont l'action se déroule en une seule journée. Ici on commence un matin en ouvrant les volets et toute l'histoire se tisse jusqu'à ce qu'on se retrouve à la même fenêtre au soir tombant. Film frissonnant, fait de petites choses de la vie, et qui, sans jamais rien expliquer, en dit cent fois plus sur les personnages que des pages entières de dialogues. La caméra les accompagne, saisit leurs expressions, leurs mouvements, les visages, leurs yeux, et tout se comprend comme si le spectateur réécrivait lui-même à sa façon l'histoire de ces vies. Une histoire d'amour et de peinture, de solitudes et de rencontres, de pensées profondes et insondables. On est bouleversé par Sabine Azéma, toute en émotions, et par Louis Ducreux, témoin presque silencieux de tout ce qui se passe sous ses yeux. La scène du bal, les plans au bord de la rivière, les échappées champêtres font penser à Renoir, autant le peintre que le cinéaste, et le final dans le soir qui tombe sur une toile vierge devant laquelle Monsieur Ladmiral imagine ce qu'il va peindre, laisse une porte ouverte sur notre imaginaire. La musique de Gabriel Fauré accompagne l'âme du film dont on a l'impression qu'il a été tourné vers 1900, la lumière, les couleurs et les sons remontant jusqu'à nous. Un dimanche à la campagne est un voyage dans le temps où les parfums et les souvenirs d'autrefois pourtant à jamais disparus continuent de flotter dans l'air.


dimanche 24 janvier 2021

"Deux ou trois choses que je sais d’elle" (1967) de Jean-Luc Godard

Un film comme un documentaire sous la forme d’un film de fiction en cinémascope et en couleurs, un film avec des visages, des acteurs, des décors, de la musique, mais pas un film au sens où on l’entend. Une réflexion sur l’art, le langage, le cinéma, la publicité, à partir d’un portrait de femme incarnée par Marina Vlady magnifiquement photographiée par Raoul Coutard. Au regard de la liberté de ton extraordinaire du film on se rend compte à quel point les années 60 ont été révolutionnaires. 

 

Tout commence au milieu des grues qui construisent le paysage de ces années-là. Dans le cadre d’une cité H.LM, au moment de la guerre du Viêtnam, des intervenants autour du personnage de Marina s’interrogent sur le sens de leur existence, la parole étant essentiellement donnée aux femmes. Document sociologique sur une époque en pleine mutation, entrecoupé de plans muets fascinants ou parfois chuchotés par Godard en voix off, les conversations sur la vie, les propos d’anonymes et d’acteurs (Anny Duperey, Juliet Berto…), les paroles d’enfants, sont souvent bouleversantes. C’est l’ère du début de l’envahissement de la publicité, dénoncée déjà par le cinéaste dans ses précédents films, ce qui lui permet de déployer toute sa verve. (« Si par hasard vous n’avez pas l’occasion d’acheter du LSD, achetez donc la télévision en couleur »)

 

Tout est passionnant dans ce film pour qui veut bien entreprendre le voyage, à condition d’aimer le cinéma pour ce qu’il peut proposer de différent, hors des normes du récit traditionnel. Voir ou revoir un film de Godard équivaut à une cure de désintoxication d’un flot permanent d’images qui finit par aliéner. Dans un final éloquent en forme de packshot sur des produits de consommation usuels, le cinéaste traduit l’effet de conditionnement et d’endormissement par la publicité en concluant par ces paroles toujours chuchotées : « J’écoute la publicité sur mon transistor, je pars sur la route du rêve, j’oublie le reste, j’oublie Hiroshima, j’oublie Auschwitz, j’oublie Budapest, j’oublie le Viêtnam, j’oublie le SMIC, j’oublie la crise du logement, j’oublie la famine aux Indes, j’ai tout oublié, sauf que puisqu’on me ramène à zéro, c’est de là qu’il faudra repartir. »


mardi 12 janvier 2021

"Préparez vos mouchoirs" (1977) de Bertrand Blier

Ce qui est assez génial chez Blier, c'est que le monde réel devient surréel, comme une métaphore de la réalité. Il est peut être l'un de ceux qui traduit le mieux l'absurdité des choses. Des mots savamment choisis, aussi littéraires que crus, un langage agissant comme de la musique, charpente qui tient tout l'édifice de ses films. Ce pourrait être du théâtre, mais le cinéaste parvient à coup d'ellipses et de courtes séquences intelligemment emboîtées à constituer dans cette œuvre un matériau qui tient de la magie. Photographie particulièrement travaillée, cadres précis, mouvements d'appareil lents, tout contribue à du pur cinéma. Ses meilleurs films ont eu l'extraordinaire privilège de bénéficier d'acteurs tels que Depardieu, ici au meilleur de sa forme, Patrick Dewaere (ils sont encore plus formidables que dans Les valseuses), Michel Serrault, Jean Rougerie pour ne citer qu'eux. Le lyrisme sort de leurs bouches, de leurs mouvements, de leurs jeux de physionomie. 



Dans ce film étrange et beau que vient hanter la belle et énigmatique Carole Laure, les hommes portent tous le même pull à col roulé, l'amour n'a pas de frontières et la bêtise du monde est sans limites. La fable touche de par sa poésie du verbe qui place l'auteur comme un très grand observateur de la nature humaine. Il y a des scènes magnifiques comme celle du dortoir où les gosses écoutent en silence, fascinés, le récit de la première expérience amoureuse de Belœil  génialement joué par Riton Liebman. Film impossible à faire aujourd'hui pour son immoralité, Préparez vos mouchoirs (Oscar du meilleur film étranger en 1979) annonce Buffet froid le chef d'œuvre de Bertrand Blier.


samedi 9 janvier 2021

"Eva" (1962) de Joseph Losey.

Fascinante Jeanne Moreau se déshabillant pour prendre son bain sur Willow, weep for me de Billie Holiday, partition jazz très inspirée de Michel Legrand, splendide photographie de Gianni Di Venanzo. Une vénéneuse et destructrice relation entre Venise et Rome où l'écrivain marié et tourmenté (Stanley Baker) se perd dans les bras de la cruelle Eva, chat siamois lové sur ses épaules. Quête d'absolu, êtres blessés, ravagés. Entre vapeurs d'alcool, libertinage et amoralité, Losey se régale du vide des existences d'une certaine bourgeoisie. Eva /Jeanne Moreau rayonne de perversité, filmée avec délectation et l'homme, dans sa versatilité, en prend pour son grade d'humiliations. Virna Lisi qui incarne sa femme en proie au désespoir est d'une beauté à couper le souffle. Le cinéaste est grand. Sous le ciel bas d'une lagune automnale et dans les palais vénitiens, en quelques cadrages Losey sait camper une atmosphère déroutante et trouble qui atteindra son sommet l'année suivante avec The servant

On aimerait voir la version de 2h50 de Eva, coupée par les frères Hakim, le film actuel étant ramené à 2h10. Si le rythme et la compréhension en souffrent parfois, il n'en reste pas moins une œuvre résolument moderne, majeure du cinéma des années 60 et dans la filmographie de Joseph Losey.