mardi 8 juin 2021

Imitation of life/Images de la vie (1934) de John M. Stahl

Je n’avais jamais vu la première version de Imitation of life/Images de la vie (1934) de John M. Stahl, reprise en 1959 par Douglas Sirk sous le titre français Mirage de la vie. C’est en tous points un remarquable film, d’une sobriété et d’une humilité exemplaires, assurément l’un des plus beaux mélodrames de toute l’histoire du cinéma. Comment ne pas être touché par autant de compassion sincère, d’humanité exempte de tout cynisme, à l’opposé de ce que produit la plupart du temps l’industrie du cinéma. Issu de la période de la Dépression, le film de Stahl traite plus que tout autre de la fragilité des existences, abordant les thèmes du racisme et des différences sociales au travers de personnages à la fois démunis et capables d’empathie, en deçà de toute haine et de toute rancœur. 

 

L’amitié entre Béa et Delilah (merveilleusement interprétées par Claudette Colbert et Louise Beavers, sans doute l’une des plus grandes actrices noires du cinéma américain) dépasse la représentation hollywoodienne de cette époque, celle de l’Afro-Américain soumis au diktat blanc. Si Delilah est présentée comme une domestique ne songeant pas à sortir de sa condition, la relation qui l’unit avec son amie fait exploser tous les codes, Béa étant elle-même confrontée à d’autres formes de misère en tant que veuve élevant seule sa fille, contrainte à toutes sortes de taches.


 

Imitation of life fait partie de ces films comme City lights de Chaplin qui vous laissent une empreinte indélébile. Des ténèbres de la vie y naissent des éclats de lumière pour entrevoir une issue à l’Humanité malgré toutes les violences qui la tirent sans cesse vers l’obscurité. Il ne s’agit ici de rien d’autre que d’éducation (la manière subtile dont les filles de Béa et de Delilah sont élevées ensemble), de dignité humaine et de respect (Stephen, l’amant de Béa, magnifiquement incarné par Warren Williams, place sa compréhension des autres avant son désir personnel) et d’intelligence, chacun essayant sans cesse de se dépasser, d’un point de vue moral, social et psychologique. La complexité des rapports qui se tissent entre chacun, hommes, femmes, personnes de couleur, blanches, métis, dresse un constat pour le moins saisissant de certains rapports de classes méconnus durant l’une des périodes les plus sombres de l’Histoire américaine. Chacun résiste ici en faisant bloc contre l’adversité avec un sens de la responsabilité hors du commun, et ce qui aurait pu sombrer dans le film noir le plus désespéré est retenu par un souci permanent de la cohésion familiale. 


 

Peola, la fille métis de Delilah, malgré l’oppression dont elle est victime parce que rejetée de la communauté blanche, fait preuve d’un extraordinaire dépassement de soi à travers l’amour qu’elle porte pour sa mère, luttant sans cesse pour ne pas la rejeter à son tour, ce qui est beaucoup plus émouvant que dans le film de Sirk. Malgré ses grandes qualités il faut bien dire que le film de 1959 est assez contestable de ce point de vue, d’autant plus que le rôle est joué par une actrice mexicaine. Fredi Washington qui incarne Peola dans le film de Stahl, on le sait peu, fut l’une des premières personnes de couleur à être reconnue pour son travail au cinéma et au théâtre dans les années 1920 et 1930.

 

Ce film devrait être montré dans toutes les écoles à l’heure où la division a repris le pas sur le collectif, dans une période où l’on rejette l’Histoire en ne la percevant qu’à l’aune des droits et des libertés si durement acquises.

 

lundi 17 mai 2021

Nomadland (2020) de Chloé Zhao

Des visages, des gens, des paysages, des objets, des silences et puis la route. Toujours la route, vers nulle part, pour oublier, pour continuer de vivre. Des vies brisées, des partages entre les uns et les autres, de la solidarité, dans un monde décomposé, anéanti par la crise économique, par des solitudes qui n'en finissent pas de s'étirer dans des déserts sans fin. Un drame humain fait de petites choses dans un temps qui s'écoule, malgré tout. L'un des plus beaux films de l'année passée, l'un de ceux qui vous atteignent au cœur. Survivre est le sujet, avancer est le seul point d'appui qui reste. On ne peut qu'être touché par cette œuvre des temps modernes, merveilleusement interprétée par Frances McDormand et David Strathairn. Y a-t-il un havre de paix possible au bout de la route pour panser les blessures ? Telle est la question que pose Chloé Zhao, cinéaste éprise de bienveillance à l'égard de ses personnages et que sa caméra ne cesse de questionner entre pluie, neige, vent et soleil qui se couche, comme pour nous dire que derrière le silence il y a des cris qu'on ne sait pas toujours entendre.


lundi 3 mai 2021

Alphaville, une étrange aventure de Lemmy Caution (1965) de Jean-Luc Godard

Fascinantes années 60 qui virent éclore des films tels que 8 1/2 de Fellini, Persona de Bergman, Andreï Roublev de Tarkovski, Blow-up d'Antonioni, L'année dernière à Marienbad de Resnais et Alphaville. On se demande comment autant d'inventivité dans l'exploration de l'art cinématographique ait pu se produire au même moment, dans un étourdissant mouvement, littéraire, musical, pictural.



Film de nuit, aussi étrange que son titre, fait de noir et de blanc, photographié sur la fameuse pellicule argentique Ilford, Alphaville est une traversée labyrinthique dans un monde orwellien prédestinant notre époque déshumanisée. Les gens n'y sont plus que des numéros dirigés par une intelligence artificielle. Sorte de spin-off de la série des Lemmy Caution interprété par Eddie Constantine, le personnage se dédouble ici pour n'être plus que son négatif photographique, le film enchaînant génialement les références cinéphiliques pour créer une œuvre à part entière, 25 ans avant Quentin Tarantino. Film noir, kafkaïen, tout n'est que questions sans réponses où « l'on ne doit jamais dire pourquoi mais parce que », au cœur d'une cité qui pourrait s'appeler Gotham City et dans un cauchemar urbain traversé par les pâles lueurs des réverbères. Quête existentielle sur la paranoïa et le devenir des sociétés, dénonciation des dictatures, l'œuvre continue d'étonner de par sa modernité et ses nombreuses trouvailles de mise en scène. À ce titre, rien que le plan séquence qui mène Lemmy Caution et Natacha dans l'ascenseur pour les suivre dans leur montée à travers les vitres d'un autre ascenseur est un grand moment de cinéma. Pas un seul plan n'est composé sans être chargé de sens, sans une réflexion sur l'image, le son et le montage dans leur permanente remise en question. C'est beau, c'est du grand art, inspiré, novateur, ouvrant des portes à l'infini sur le langage cinématographique et ses possibilités. 



On entre dans Alphaville brutalement au détour d'un périphérique pour y être bousculé comme au Star Flyer du Luna Park et en ressortir comme au réveil d'un mauvais rêve. Finalement c'est l'amour qui sauve, celui qu'on ne sait plus dire parce qu'on ne sait plus ce qu'il veut dire, et que Natacha/Anna Karina parvient à exprimer magnifiquement dans la dernière séquence. Assurément l'un des plus grands films de Godard.



dimanche 25 avril 2021

Un chef d'oeuvre : Le dernier métro (1980)

Il y a des films comme celui-ci où durant la projection un frisson vous parcourt l'échine pour finir au bord des larmes. L'amour des acteurs et l'amour tout court y débordent par tous les pores de l'écran. Le scénario est magnifique, on dirait qu'il est adapté d'un grand roman, et la mise en scène dans le décor du théâtre subtilement agencée de chassés croisés entre réalité et fiction, entre côté cour et côté jardin. Ingmar Bergman n'est pas loin. Certains ont accusé le film d'être académique... Quelle grossière erreur ! C'était tout ignorer du sens de l'épure du cinéaste, de sa sobriété et de sa retenue lorsque le sujet l'exige. Qui traite des blessures de l'Occupation et de cette infamie infligée aux Français ne peut que poser un regard sans fioritures. Quand Roman Polanski tourne Le pianiste, il pose un même regard. Le dernier métroest un chef d'œuvre que le temps ne peut altérer, un aboutissement dans l'œuvre de son auteur. Un livre suffirait à peine pour y évoquer le nombre de thèmes abordés. Catherine Deneuve, filmée comme une déesse, y trouve l'un de ses meilleurs rôles et Gérard Depardieu, d'une exemplaire retenue, est grand. Il y eut Jean Renoir, il y eut Jacques Becker et il y eut François Truffaut.



mardi 13 avril 2021

Les films de Pierre Prévert

 Coffret Frères Prévert – 3 DVD (Doriane films) 

Autant l’on connaît l’abondante contribution au cinéma de Jacques Prévert, autant l’œuvre de son frère Pierre demeure méconnue et fut même incomprise en son temps. Si les cinéphiles n’avaient pas manifesté leur enthousiasme pour des chefs d’œuvre tels que L’affaire est dans le sac et Voyage surprise, il est fort à parier que ces films auraient disparu à jamais du patrimoine. À une certaine époque la pellicule cinématographique était recyclée en vernis à ongles lorsque les films n’avaient pas eu le succès escompté. C’est tout le drame de Pierre Prévert qui ne put tourner que trois longs-métrages pour le cinéma, films dont les échecs commerciaux le condamnèrent à ne plus travailler qu’occasionnellement pour la télévision. 

 

Grâce à Doriane Films et au magnifique travail de restauration d’Hiventy, il est désormais possible de redécouvrir les films de Pierre Prévert dont le génial Voyage surprise en version intégrale. Dans ce coffret indispensable figurent également deux courts-métrages et deux longs-métrages de télévision. Terry Gilliam adorerait ces films à l’esprit très Monty Python tant ils sont truffés d’inventivité : personnages hauts en couleurs, situations abracadabrantesques, rythme effréné, tout concourt à un régal pour les yeux. On pense à Mack Sennett et à son burlesque satirique dont nous ne pouvons que regretter l’incursion trop rare dans le cinéma français. Avec Pierre Prévert les scénarios de Jacques renouent avec l’esprit de Paroles et de La pluie et le beau temps dans une liberté de ton que l’on ne retrouvera chez aucun autre cinéaste. Seul Pierre a su traduire en images la truculente inventivité de son frère, déliant le langage cinématographique de ses codes pour y mêler dans un même mouvement rêve, magie, poésie, dessin, métaphore et drôlerie empreinte de gravité.

 

Dans L’affaire est dans le sac (1932) on se gausse des notables aussi bien que de l’homme de la rue et les humains et leurs travers en prennent pour leurs grades. Les acteurs, aussi bien Julien Carette qu’Étienne Decroux font merveille. Il faut voir la séquence des vols à la tire de chapeaux, morceau d’anthologie du cinéma burlesque, tout comme la désopilante scène de l’achat du béret français avec Jacques Brunius. Un classique à revisiter régulièrement.


L’affaire est dans le sac (1932)


Voyage surprise (1947) est une incroyable redécouverte qui nous emmène encore plus loin. On y traverse la France comme sur un manège et le voyage n’en finit pas de nous étonner : quiproquos, fête permanente, courses-poursuites hilarantes s’y enchaînent dans une insolente liberté comme si le film avait été écrit, interprété et mis en scène par des enfants. En prime vous y verrez l’atypique Maurice Baquet, fidèle artiste de la troupe Prévert, l’ineffable Sinoël, Annette Poivre, Piéral dans le rôle d’une comtesse, le lunaire Lucien Raimbourg et la belle Martine Carol dans l’un de ses tous premiers rôles. Un film unique, joyeux, formidable, enchanteur. 


Voyage surprise (1947

Le petit Claus et le grand Claus (1964) d’après un conte d’Andersen avec Maurice Baquet, Roger Blin et Elisabeth Wiener. Astucieusement conçu à partir de dessins et de mat paintings du grand Paul Grimault, on y trouve toute la verve des frères Prévert où le malheur et la méchanceté des humains se transforment ici en une peinture enchanteresse qui n’épargne personne. Produit par l’O.R.T.F, on reste songeur devant les initiatives et la créativité des organismes de télévision de cette époque. 


Le petit Claus et le grand Claus (1964)

 

La maison du passeur (1965) renoue avec l’esprit de Voyage surprise, oscillant sans cesse entre réalité et fiction, imaginaire poétique et jeux d’enfants. Le croustillant Raymond Bussières y campe un ancien combattant survolté qui croit revenir les Allemands quand il voit débarquer chez lui une équipe venue tourner un film sur la guerre de 14. Dans ce film où l’on en tourne un autre, le spectateur finit par se demander si la fiction n’est pas plus vraie que le réel. Une œuvre télévisuelle hors du temps à redécouvrir.


La maison du passeur (1965)

 

Deux très beaux courts-métrages agrémentent le coffret : 


Paris mange son pain (1958), sensible évocation du monde du travail dans le monde disparu des Halles. Chaque figure à chaque coin de rue nous touche parce que le cinéaste sait croquer la vie qui bat comme un dessinateur portraitiste muni d’une caméra. 


Paris la belle (1960) où entre images d’archives tournées par Prévert à la fin des années 20 et images contemporaines, le cinéaste rend hommage à la ville des lumières. Il fait aussi la part belle aux femmes, témoignant des modes et de leurs temps. Un témoignage en forme de symphonie du mouvement qui est aussi une ode à la vie. Le film fut récompensé par un Prix Spécial du Jury Court-métrage au Festival de Cannes en 1959.


 

Coffret LES FRÈRES PRÉVERT


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samedi 10 avril 2021

Revoir "Taxi driver " (1976)

Revoir le film assène un nouveau coup de massue parce que l'œuvre est admirable et que le temps passé depuis sa sortie lui donne un nouvel écho. À travers l'histoire d'une dépression, celle que traverse le personnage de Travis Bickle interprété par Robert De Niro, c'est toute une plongée dans le mal-être et les maux d'une société américaine dont le rêve s'est éteint depuis longtemps, a-t-il finalement jamais existé. Bickle est un mort-vivant qui émerge des laissés-pour-compte, en proie à une telle désespérance que c'est un combat entre la vie et la mort que Martin Scorsese nous dépeint. Au fur et à mesure que les pauvres éclats de lumière s'éteignent, il ne reste plus que des pans de ténèbres dans lesquels le film s'enfonce peu à peu. Quelle force faut-il extirper en soi pour échapper à la nuit, quelle motivation trouver pour vivre, comment l'extraire du fond de la mine... La force du film est de la faire apparaître à travers le personnage de Jodie Foster que Bickle parvient à arracher aux ténèbres de la maltraitance. Taxi driver est un film en permanence sur le fil du rasoir. Tantôt l'on bascule vers le point de non retour, tantôt c'est un éclair de survie qui jaillit, irrationnel, où l'on est maintenu en vie par la seule grâce divine. Beaucoup de séquences sont très émouvantes, de par le lien qui unit Iris-Jodie Foster et Travis Bickle, et dans la manière dont le personnage de Betsy-Cybill Shepherd est amené par le scénariste Paul Schrader. On oubliera pas de si tôt les plans de fin de Betsy dans le rétroviseur, images entourées d'un halo à la dimension quasi mystique. L'œuvre prend une nouvelle perspective dans l'époque que nous traversons, où désespérance et instinct de survie se côtoient. C'est d'abord et avant tout un film sur les rapports de classes, les murs qui les séparent ne se sont qu'encore davantage épaissis dans nos sociétés modernes. Le traitement musical fait penser à une partition de jazz éclatée, ce qui renforce le sentiment d'un cri qui n'en finit pas pour ne s'achever que dans les dernières images lors de l'ultime rencontre entre et Cybill et Bickle. Moment unique d'apaisement avant que le générique nous fasse replonger dans une nouvelle et interminable nuit. La partition géniale de Bernard Herrmann, qui fut sa dernière, enveloppe le film entre battements de tambour, cymbales, basses et saxophone et le thème d'une beauté à couper le souffle semble tirer un rideau définitif sur un monde d'avant à jamais disparu.






mercredi 7 avril 2021

Hommage à Bertrand Tavernier : Coup de torchon (1981)

D'abord, on l'a peu dit, Bertrand Tavernier fut l'un des rares cinéastes français contemporains à œuvrer dans des genres très différents : film historique, film policier (Dans la brume électrique), film d'anticipation (La mort en direct), comédie (Quai d'Orsay), film de guerre (Capitaine Conan), drame psychologique (Daddy nostalgie), film social (Ça commence aujourd'hui)... Et si l'on prend le seul genre du film historique, les périodes couvrent le Moyen-âge, (La passion Béatrice), le XVIe siècle (La princesse de Montpensier), le XVIIe siècle (La fille de d'Artagnan), la Régence, (Que la fête commence), le XIXe siècle, (Le juge et l'assassin), la guerre de 14-18, (Capitaine ConanLa vie et rien d'autre), le XXe siècle et ses années 1930 (Coup de torchon), l'Occupation (Laissez-passer), les années 1950 (Autour de minuit) et la guerre d'Algérie (revoir le documentaire La guerre sans nom). De plus, si l'on regarde bien ses films, les traitements cinématographiques sont également extrêmement différents. D'une écriture classique comme celle d'Un dimanche à la campagne, il peut passer à une écriture totalement éclatée comme dans La mort en direct et Coup de torchon, films faits de ruptures de tons et d'une mise en scène heurtée qui tranchent avec le style très retenu de La vie et rien d'autre.


Cette constatation étant faite, l'exploit de Coup de torchon réside dans cette idée géniale d'avoir transposé le Texas du roman de Jim Thompson 1275 âmes dans l'Afrique Occidentale Française des années 1930. Tout ce qui faisait la noirceur, le cynisme, la désespérance et la violence de par l'écriture au vitriol du roman américain, se retrouve en un équivalent aussi monstrueux dans le film français qui n'épargne rien de la période montrée.



Film hénaurme, gonflé, surréaliste, Coup de torchon n'y va jamais par quatre chemins. Il ose tout et réussit même l'exploit de nous faire rire de la bêtise, de la veulerie et de la méchanceté de l'âme humaine. Coup de chapeau aux acteurs d'y avoir été à fond, Philippe Noiret (particulièrement excellent), Isabelle Huppert, Stéphane Audran, Eddy Mitchell en tête, qu'on n'a jamais vu aussi dingues. Film inclassable, impossible aujourd'hui, c'est en particulier la grande connaissance du cinéma et notamment américain de l'âge d'or qui a permis à Tavernier de réussir son coup et de contourner tous les pièges. Il parvient à faire de son film une œuvre romanesque jamais complaisante et dont la réalisation particulièrement savante prend parfois des accents hustoniens tout en restant profondément française de par les caractères des personnages et ses truculents dialogues. Qu'on aime ou qu'on déteste, Coup de torchon reste unique, intemporel dans le cinéma français, et n'a vieilli en rien.