mercredi 30 décembre 2015

Star Wars VII, le réveil de la force : un grand film


J'ai adoré. Un bel hommage rendu à George Lucas et aux premiers films de la série, un beau film bien réalisé avec son lot d'humour, d'action et d'émotion. Toute une part de notre imaginaire d'enfant ou d'adolescent revit sous nos yeux par la magie des images, par le filtre de cette légende culte qui a fait les beaux jours du cinéma contemporain. Un cinéma qu'on croyait à jamais disparu lorsque Lucas lui redonna vie en 1977, époque où la télévision avait envahi nos écrans et où ce genre de films n'existait plus. Puis le spectacle a continué, miraculeusement, ouvrant de nouvelles voies en matière d'histoires et d'effets spéciaux pour le plus grand plaisir des générations qui suivirent. Ce 7e volet est tout à la fois magique, spectaculaire et il redonne souffle à la légende. Il respecte le mythe tout en le prolongeant, ouvre des portes, en referme, nous saisit sans que jamais l'on s'y attende, oscillant toujours entre côté lumineux et côté obscur, avec une ampleur digne des temps qui sont les nôtres. Des temps noirs, terribles et inquiétants mais dans lesquels veut perdurer à tout prix la force de la lumière. Et c'est à la femme que le film fait la part belle. Elle est l'incarnation de la Force, sa transmission, c'est elle qui la réveille pour lui donner tout son éclat. Elle est présente et en action à chaque plan. Belle découverte que celle de Daisy Ridley pour l'incarner et qui a la trempe d'une future grande. Tous les seconds rôles sont excellents, John Boyega (Finn), Adam Driver (Kylo Ren) et les retrouvailles entre Harrison Ford et Carrie Fisher sont pour le moins émouvants comme si une partie de l'Histoire du cinéma défilait sous nos yeux. Des fans sont étonnés par certains partis pris, d’autres sont déçus mais moi je marche à fond. Rien n'est laissé au hasard, le film est comme une perle qui voudrait dire merci au créateur de la série et le genre est renouvelé brillamment par J.J Abrams dont c'est pour moi le meilleur film. D'être à la tête d'une telle entreprise et de parvenir avec excellence à la transcender est un véritable exploit. Sur tous les plans c'est une réussite mêlant habilement anciens mythes et nouveaux, jusqu'à la dernière séquence en crescendo qui est le meilleur final que j'ai vu depuis longtemps. On en sort transi et ébloui. En un mot, inoubliable.

Daisy Ridley (Rey) dans Star Wars VII (2015)

mardi 1 décembre 2015

Happy Birthday Woody !


Woody Allen a 80 ans ! Ce grand artiste, ce génie, a jalonné nos vies de chacun de ses films, qu'ils aient attrapés au départ ou en cours de route. Pour ceux qui l'aiment, qui ne se souvient pas d'une période de son existence correspondant à un film de Woody Allen... Que ce soit un souvenir d'étudiant, une histoire d'amour, une naissance, une étape de sa vie, il y a toujours un film de Woody Allen pour marquer le passage du temps : Bananas, Annie Hall, Manhattan, La rose pourpre du Caire, Hannah et ses soeurs, Tout le monde dit I love you, Accords et désaccords, Match point, Blue Jasmine... Un film de Woody Allen c'est comme pour nous dire que nous sommes encore vivants, que sans les artistes la vie ne serait pas ce qu'elle est, que rire n'est pas incompatible avec réfléchir, que nous ne sommes pas des machines à consommer, que rien n'est plus beau que la poésie, l'amour et la musique.  Auteur complet, il a su imposer un personnage, un style et une réflexion sur l'humanité dignes de Shakespeare, de Molière ou de Chaplin. Qui d'autre que lui possède cette capacité à pouvoir passer avec la même aisance de Bananas à Intérieurs ? Beaucoup de ses films sont des chefs d'oeuvre ou des oeuvres exceptionnelles comme Zelig. Si on lui reproche parfois de trop tourner et de réaliser des films mineurs, notamment dans la dernière décennie, il n'en reste pas moins que ce jeune homme de 80 ans a conservé une fraîcheur extraordinaire. Et puis ce qui caractérise l'homme c'est son humilité. Lorsqu'il disparaîtra on se rendra compte que son apport au cinéma a été considérable. Bon anniversaire Woody !


lundi 5 octobre 2015

Disparition de John Guillermin


Le réalisateur John Guillermin est décédé à l’âge de 90 ans. Né à Londres de parents français, il avait servi dans la Royal Air Force durant la 2e guerre mondiale. A 24 ans il avait produit et réalisé son 1er long-métrage, Torment, un thriller à petit budget où il s’illustrait déjà brillamment en matière de suspense. Sa manière de filmer très moderne pour l’époque (plans avec des amorces, cadrages obliques) et son sens du rythme le prédestinaient notamment aux polars et aux films d’action qui firent par la suite sa renommée internationale. (Le crépuscule des aigles, Le pont de Remagen, La tour infernale). On connaît peu son œuvre britannique d’avant 1960. Magnifiquement restaurés et réédités en DVD et Blu Ray, on peut redécouvrir The crowded day (1954), chronique sociale sur la vie de 5 vendeuses dans un grand magasin et Song of Paris (1952) comédie légère qui prouve que Guillermin avait la capacité de s’adapter à tous les genres. 

En 1957 il se fit remarquer avec Town of Trial (Traqué par Scotland Yard), interprété par Charles Coburn et John Mills,  polar très tenu qui avait pour cadre une petite ville d’Angleterre où se déroulait une série de meurtres. Il signa aussi ce que certains considèrent comme son meilleur film, Monty’s double (Contre-espionnage à Gibraltar, 1958) avec John Mills, histoire véridique où un double du général Montgomery servait d’appât aux Allemands pour empêcher le débarquement. Citons aussi Tarzan's greatest adventure (La plus grande qventure de Tarzan, 1959) avec Gordon Scott et Sean Connery à ses débuts, l’un des grands films de la série, superbement filmé et mis en scène.

Never let go (1960), critiqué à l’époque pour ses scènes de violence, montrait Peter Sellers dans l’un de ses rares rôles dramatiques ce qui prouve l’étendue du talent du réalisateur. Personnellement j’aime beaucoup The blue Max (Le crépuscule des aigles, 1966) avec George Peppard et James Mason qui n’a pas pris une ride avec sa magnifique photo de Douglas Slocombe, chef opérateur des Rencontres du 3ème type. Cette histoire emblématique d’un ambitieux aviateur de la 1ère guerre mondiale qui se heurte à ses supérieurs est un modèle du genre et le final demeure toujours aussi impressionnant. On n’oubliera pas non plus son célèbre Pont de Remagen, film sans temps mort, ni Mort sur le Nil, agréable variation d’Agatha Christie adaptée par Anthony Shaffer où l’on retrouvait ni plus ni moins Bette Davis.  


John Guillermin s’illustra enfin par le légendaire Towering inferno (La tour infernale, 1972) qui tient encore le coup au vu de son époque et surtout compte tenu du nombre de films catastrophes récents qui, en dehors de la modernité de leurs effets spéciaux, ne lui atteignent pas la cheville en terme de scénario. La construction du film, la densité et l'équilibre entre les personnages contribuent à nourrir le film d'un intérêt constant au cours de l’évolution des conflits, beaucoup de crédibilité étant apportée au fur et à mesure que l'étau se resserre sur les protagonistes. De plus le soin apporté à certains effets spéciaux surprend encore et Gullermin sait jouer de suspense et d'émotion sans jamais céder à la facilité. Si les derniers films du cinéaste déçurent, il n’en reste pas moins que le réalisateur fit les beaux jours du cinéma des années 50-60-70 en remplissant les salles avec des films aux histoires solides très adroitement réalisées. Parcours qui mérite d’être salué.

samedi 18 avril 2015

Les lettres portugaises : le train entre en gare de Beja


Pour une fois je vais parler d’un film que j’ai porté moi-même durant 3 ans. Adapté de 5 lettres écrites en 1669 par une religieuse portugaise du nom de Mariana Alcoforado, ce pari un peu fou est à la fois une expérience littéraire, théâtrale, picturale, musicale et cinématographique. Entrepris fin 2012 après avoir vu Ceci n’est pas un film du cinéaste iranien Jafar Panahi, cette oeuvre était pour moi la preuve qu’on pouvait réaliser un film en toute liberté , avec un minimum de moyens et un maximum de contraintes. Les lettres portugaises c’est d’abord une histoire d’amour, que peut-on raconter d’autre, mais c’est aussi une rencontre entre les mots, la musique et les images. Tourné en partie en extérieurs au Portugal, à Beja, sur les lieux même de l’action, cette entreprise est probablement la plus irrationnelle que j’ai jamais tentée. Un film qui n’obéit à aucune règle, inspiré par l’actrice Ségolène Point. C’est elle qui m’a fait découvrir le livret de Guilleragues reproduisant les lettres de la religieuse et je n’aurais sans doute jamais entrepris ce film sans elle. Nous avons conçu cet ouvrage de toutes pièces dans une sorte d’urgence et de frénésie, dépassant sans cesse nos propres limites et je crois que nous avons été les premiers surpris en voyant le film pour la première fois, tels de simples spectateurs. Je ne sais pas encore de quelle manière va réagir le public le 13 mai lorsqu’il sortira dans les salles de France, mais je crois pouvoir dire que Les lettres portugaises est un film d’une totale sincérité. C’est notre âme que nous avons projetée sur l’écran, c’est elle seule qui nous a portée jusqu’à la salle de cinéma. Le film a déjà parcouru les Etats-Unis, les pays de l’Est, l’Asie, le bassin méditerranéen et il a été projeté dans de nombreux festivals, marchés et rencontres. Pour une œuvre en costumes qui n’aborde aucun thème de société et parle d’Histoire, ce fut déjà un miracle. A présent il est entre vos mains, ou plutôt entre vos yeux, et je ne peux qu’espérer que vos regards rencontreront le nôtre au cours de ce moment de cinéma qui représente pour nous, d’une certaine manière, toute une vie.


En salles à partir du 13 mai 2015

Revue de presse :

« Le travail formel complexe, le beau florilège de musique ancienne et l’interprétation passionnée de Ségolène Point disent puissamment la passion partagée pour ces belles Lettres »  (Le Monde)

« Ségolène Point est parfaite » (Télérama)

« Une actrice au coeur de nefs nimbées de lumière, d’intérieurs de couvent en clair-obscur à la Vermeer et d’une nature captée à contre-jour » (Première)

« Jeu magistral de Ségolène Point » (Trois couleurs)

« Les textes sont sublimes » (StudioCiné Live)

« Observations psychologiques d’une rare acuité, tout est dit dans une langue parfaite » (Famille Chrétienne