jeudi 13 février 2020

Douche écossaise (2020)

La dispute tourne au vinaigre entre Sandrine et Raphaël et la jeune femme s’enfuit en voiture à l’autre bout de la France. Quand elle découvre en chemin que la vie de Raphaël cachait une toute autre histoire, Sandrine se retrouve bientôt aux prises avec de dangereux braqueurs. Elle a bien l’intention de se débarrasser ! C’est le pitch de mon troisième long-métrage tourné à l’été 2018. Ecrit, produit et réalisé en un temps record, ce film renoue avec le cinéma de genre que j’ai pu déjà pratiquer sur des courts-métrages. L’idée était de tenter l’aventure du divertissement pur avec beaucoup de légèreté, après deux films d’inspirations plus dramatiques et moins faciles d’accès pour le public. J’ai aimé ce ton comme il existe dans les petits films indépendants et qu’on peut tourner en totale liberté. L’aventure du numérique le permet aujourd’hui avec ses petites caméras et son matériel léger. Avec ce film j’offre aux spectateurs un moment sans ennui, drôle je l’espère et accessible à tous. 

Ségolène Point

Nicolas Herman

Vincent Crouzet




Bande annonce


DOUCHE ÉCOSSAISE
France, 2020
70 minutes
Couleur, Scope
Production : Bon Voyage Films
Réalisation : Bruno François-Boucher
Avec : Ségolène Point, Nicolas Herman, Vincent Crouzet, Stephen Szekely, Samuel Charle, Madeleine Point, François Le Roux
Scénario : Ségolène Point, Bruno François-Boucher
Image : Gaetan Borne
Montage : Lucas Le Roux
Musique : Neil Factory
Distribué par Bon Voyage Films
Sortie le 18/02/2020

© 2020 Bon Voyage Films

vendredi 7 février 2020

Nana et les filles du bord de mer (2020)

Avant première hier soir de Nana et les filles du bord de mer de Patricia Bardon, un de ces films faits avec les mains et le coeur en dehors des circuits traditionnels. La réalisatrice, déjà auteur de plusieurs moyens métrages et de L’homme imaginé avec Jacques Spiesser, nous offre ici une balade amoureuse en forme de chassé-croisé ayant pour cadre la petite ville du Crotoy en baie de Somme. Images lumineuses, comédiens de choix, mise en scène carrée aux accents d'Eric Rohmer, Patricia Bardon évoquant aussi son goût pour Aki Kaurismaki dans le passionnant entretien qu'elle donna à l'issue de la projection. Louons le courage de la cinéaste d'avoir su porter sur ses épaules un film dont elle assura la totale responsabilité, de la production jusqu'au montage final. Ce sont ces films-là qui nous touchent, de par leur authenticité en dehors des formatages. Découverte aussi d'une comédienne exceptionnelle, Sofia Manoucha, dont la présence irradie l'écran par sa personnalité aussi intrigante qu'attachante. Le film est fait de ces petits riens de la vie où le temps passe entre désirs et désillusions au coeur d'allers et venues sentimentales fort bien agencées. L'humour n'y manque pas, venant contrebalancer les questionnements des uns et des autres en ces temps où garçons et filles tentent de se frayer un chemin pour trouver leur part d'identité. Les séquences inspirées de danses et celle de la pêche aux crevettes viennent agrémenter un scénario précis aux personnages particulièrement bien dessinés. Soulignons également la belle bande originale d'Arno qui n'est pas sans rappeler le tandem Jim Jarmush-Tom Waits. Patricia Bardon prendra son baluchon pour accompagner son film dans les salles indépendantes, espérant vous y croiser. Vous ne regretterez pas le voyage.


jeudi 6 février 2020

Kirk Douglas (1916-2020)

Quelle vie et quel acteur extraordinaire ! Kirk Douglas est parti hier soir à 103 ans. Quand j'étais gamin on voyait souvent ses films sur la télé en noir et blanc : La captive aux yeux clairs (The big sky), Le champion, Le reptile, L'homme qui n'a pas d'étoile (The man without a star, Les ensorcelés (The bad and the beautiful, Règlement de comptes à OK Corral (Gunfight at the OK Corral), Une corde pour te pendre (Along the great divide), Sept jours en mai, L'arrangement, Les Vikings... Avec la géniale voix française de Roger Rudel (1921-2008), indissociable pour nous du héros de Spartacus. Ces films étaient aussi bons que l'acteur et ils participèrent largement à mon éducation cinématographique. Plus tard la Cinémathèque m'offrit Seuls sont les indomptés (Lonely are the brave), Chaînes conjugales (A letter to three wives, La griffe du passé (Out of the past),  La vie passionnée de Vincent Van Gogh (Lust for life), Histoire de détective (A detective story), Furie (The fury) de De Palma et bien sûr l'unique Les sentiers de la gloire(Paths of glory) que Douglas produisit pour un jeune cinéaste inconnu dont il admirait le talent, nommé Stanley Kubrick. Il est impossible de résumer sa filmographie riche de près de 100 films et qui comporte pas moins de 30 chefs d'œuvre.
En 1988 nous découvrions son incroyable autobiographie Le fils du chiffonnier, livre et histoire de vie magnifiques Si des amis ont eu la chance de le rencontrer, je ne peux pas en dire autant, ayant loupé son passage dans les Pyrénées lorsqu'il y tourna Veraz dans les années 90. Ajoutons que l'acteur s'engagea pour de nombreuses et nobles causes et qu'une belle étoile brillera dans le ciel cette nuit.

La vie passionnée de Vincent Van Gogh (1956)
de Vincente Minnelli

samedi 25 janvier 2020

Angel Heart (1987) d'Alan Parker

Je n'avais pas revu Angel Heart depuis longtemps, sa restauration en fut l'occasion. Film phare des années 80 souvent considéré comme le meilleur d'Alan Parker, il conserve une atmosphère oppressante et un fort impact sur le spectateur. De Niro est impeccable et Charlotte Rampling toujours géniale. Quelques réserves cependant sur le jeu un peu outré de Mickey Rourke, certes excellent, mais pas toujours tenu par Parker et sur certains tics gênants dans la réalisation. L'abus des plans cut, du montage alterné, d'un jeu d'effets avec la lumière et les objectifs datent quelque peu le film malgré tout le talent du réalisateur de Birdy. Autre chose aussi, je ne suis pas sûr qu'aujourd'hui dès la première vision le spectateur n'ait pas compris relativement tôt qui est Johnny Favourite. Il n'en reste pas moins une oeuvre forte qui nous fait regretter le silence du réalisateur depuis 2003.

 Mickey Rourke dans Angel Heart


jeudi 16 janvier 2020

1917 (2020) de Sam Mendes

Très, très beau film. Une immersion aux portes de l'enfer, une sorte de poème lyrique sur l'absurdité de la guerre dont on ressort soufflé tant l'intensité dramatique demeure intacte durant les deux heures de projection. La caméra accomplit une traversée époustouflante, 70 ans après La corde d'Hitchcock qui fut le premier à utiliser l'illusion de tout un film en plan séquence. En opposition à tout effet de style, ce procédé ici totalement justifié nous prend à la gorge pour accompagner le point de vue en temps réel du personnage principal au fur et à mesure que les événements se présentent à lui. Un tour de force qui donne au film une empreinte saisissante, très loin des blockbusters et des films de guerre traditionnels. Au milieu des décombres, des morts et des charniers, certaines séquences sont plus proches du cinéma de Wajda que des Sentiers de la gloire ou du Soldat Ryan comme on a pu le dire. C'est du très grand cinéma, d'une profonde humanité, porteur d'un message sur la folie des hommes qui fait écho à la période que le monde traverse actuellement.

mardi 15 octobre 2019

Mauro Bolognini (1922-2001)

Ce mois-ci dans la revue Positif, conjointement avec l'hommage qui lui sera rendu en novembre à la Cinémathèque Française, on fait réapparaître le fantôme de Mauro Bolognini, cinéaste oublié dans les limbes du temps et que j'ai toujours cité comme l'un des grands maîtres italiens qui m'avaient inspiré. Mon adolescence fut parcourue de ses films (La viaccia, Les garçons, Le bel Antonio, La corruption) et plus tard, grâce à la vidéo, je découvris ces chefs-d'oeuvre que sont Libera, amore mio (l'un des meilleurs rôles de Claudia Cardinale) et surtout L'héritage, modèle de film romanesque à l'esthétique admirable. Cinéaste particulièrement sensible, exprimant des « douleurs si profondes qu'on peut en pleurer » (Wordsworth), parfois déroutant et dont la noirceur se mélange aux éclats de lumière, Bolognini n'eut jamais la reconnaissance d'un Visconti ou d'un Pasolini. Sa filmographie n'en est pas moins riche d'une cinquantaine de films pour le cinéma et la télévision. Pour la petite histoire, le hasard des rencontres a fait que j'ai eu l'occasion de travailler avec l'un de ses scénaristes, Roberto Leoni. Ce fut un apprentissage passionnant, nourri d'Histoire et de psychologie, qui solidifia mes travaux d'écriture.

Claudia Cardinale dans Libera, amore mio (1975)

dimanche 13 octobre 2019

Joker (2019) de Todd Phillips

Réservé sur Joker, certes impressionnant, porté par la belle composition de Joachim Phoenix. Sombre, dérangeant (on pense à Taxi driver et à American nightmare version Gotham city), les origines du Joker ont un accent de tragédie grecque. Et en hissant le personnage de héros négatif au premier plan, c'est aussi toute la désespérance du monde qui remonte à la surface. On aura aucun mal à y reconnaître les préoccupations qui nous traversent en ces temps de fragmentations sociales. Le jury de Venise y a certainement été sensible en décernant au film le prestigieux Lion d'Or.
Dommage cependant que certains effets trop appuyés (bande musicale qui compense parfois plus qu'elle ne suggère, moments de violence exacerbés à la limite du gore) ne viennent alourdir la réalisation dont les promesses ne sont pas toujours tenues. On est maintenu en haleine sans être non plus totalement surpris, le film manquant de rebondissements et de développements psychologiques qui auraient évité à certaines scènes de couper court. Chacun en jugera par lui-même. Âmes sensibles et enfants s'abstenir.