dimanche 25 août 2019

Une histoire des réalisatrices

Numéro de juillet-aout 2019 des Cahiers du Cinéma consacré aux réalisatrices. Une histoire à la fois lumineuse et tragique du cinéma au féminin sur plus d'un siècle avec des découvertes et une riche documentation. Où l'on apprend notamment que :
A Fool and his money (1912) de Alice Guy est le 1er film américain dont le casting ne comporte que des acteurs noirs.
- Mabel Normand a inventé le gag de la tarte à la crème.
Jeunes filles en uniforme (1931) de Leontine Sagan est l'un des premiers films au casting entièrement féminin.
- Dorothy Arzner a inventé le micro perche en 1929.
- Park Nam-Ok, trop pauvre pour engager une baby-sitter, réalisa The widow en portant sa fille en bas âge sur le dos.
- Tazuko Sakane fut la première japonaise à réaliser un film en 1936.
Récit des années de feu (1961) de Ioulia Solntseva fut le 1er film soviétique en 70 mm (première réalisatrice à être primée à Cannes).
- Ann Hui, spécialiste du film de sabre, est aussi connue que John Woo à Hong Kong et elle fut la première à faire tourner Andy Lau, Maggie Chung et Chow Yun-Fat.
- Trois  femmes ont réalisé un film en Iran avant la révolution islamique. 
- Les milices de Khomeiny ont détruit les films de Kobra Saidi sous ses yeux et elle vit aujourd'hui dans un bidonville de Téhéran.
De l'Islande à l'Afrique en passant par tous les pays du monde les femmes ont tourné, tournent et tourneront quoi qu'il arrive des films. Quelques regrets cependant, l'absence ou l'oubli dans ce numéro de Karyn Kusama, Claudia Llosa, Ana Diez, Iciar Bollain, Isabelle Coixet, Julia Leigh, Lexi Alexander, Frieda Ekotto, Alice Heit, Angelina Jolie, Hafsia Herzi…


mercredi 31 juillet 2019

Lors du tournage du long-métrage documentaire Correspondances, Jean-Pierre Mocky, que nous avions interrogé sur des sujets de société, avait consacré une partie de son entretien aux nouvelles technologies qui permettent aujourd’hui de réaliser plus facilement des films. De cette séquence trop spécialisée pour pouvoir entrer dans le cadre du projet, j’ai tout de suite pensé faire un court-métrage à part entière comme ce fut le cas pour Catherine Zay parlant de son père dans En souvenir de Jean ZayCinéMocky, accompagné d’extraits de films du réalisateur, a la particularité d’établir une sorte de bilan sur les différences technologiques du cinéma au cours du temps. Le point de vue de ce cinéaste resté dynamique et à l’écoute du monde contemporain est à l’image d’un homme resté très proche de l’esprit « Nouvelle Vague » et qui n’a jamais cessé de tourner dans tous les formats. Ce complément figurera également sur les bonus du DVD du film Correspondances.



CinéMocky (2019)
Couleur, Noir & Blanc - 9 minutes
Avec la participation de Jean-Pierre Mocky
Sujet, production et réalisation : Bruno François-Boucher & Ségolène Point
Images : Etienne Baduel
Son : Matthis Goldfain
Montage : Francis Elbaz
Mixage et étalonnage : Tiburce
© 2019 Bon Voyage Films Productions

dimanche 28 juillet 2019

Intégrale Yannick Bellon

Si les années 70 mirent en lumière le travail de la cinéaste Yannick Bellon, force est de constater que ses films ont été quasiment oubliés pour ne pas dire invisibles pendant longtemps. En revisitant les 9 courts-métrages et 9 longs-métrages qu'elle tourna de 1946 à nos jours, restaurés à l'initiative de Doriane Films dans le coffret DVD L'integrale Yannick Bellon, on a du mal à comprendre pourquoi la réalisatrice, disparue en juin dernier, n'a pas été considérée à la place qu'elle mérite, d'égal à égal avec ses consoeurs et autres pionnières du cinéma français parlant: Agnès Varda, Jacqueline Audry, Nelly Kaplan, Marguerite Duras, Nadine Trintignant, Nina Companeez, Coline Serreau, Diane Kurys, pour ne citer qu'elles. Il suffit de revoir les admirables Quelque part, quelqu'un, La femme de Jean, L'amour violé et ce chef-d'oeuvre bouleversant qu'est Jamais plus toujours pour se rendre compte de son importance dans notre cinéma. Ce que Yannick Bellon révèle dans ses films sur la condition des femmes dans une époque qui voyait à peine éclore leurs droits, est un témoignage aussi courageux qu'indispensable sur leur conditionnement, leurs difficultés, leurs engagements et leurs souffrances très largement méconnues et mises longtemps sous silence. Nous devons remercier Yannick Bellon pour son audace, sa détermination et son grand talent, à l'opposé de tant de réalisateurs exagérément encensés et surestimés. Les films de Yannick Bellon sont à revoir absolument.



L'intégrale Yannick Bellon éditée par Doriane Films :


vendredi 5 juillet 2019

Pierre Lhomme, l'un des plus importants directeurs de la photographie du cinéma, est décédé à l'âge de 89 ans. Son travail couvre plus de 50 ans d'Histoire avec des cinéastes aussi prestigieux que Philippe de Broca, Chris Marker, Jean-Pierre Melville, Marguerite Duras, Jean-Paul Rappeneau, Jean Eustache, Robert Bresson, Claude Miller, Bertrand Blier et James Ivory. Parmi ses films les plus beaux citons : L’armée des ombres (1969), Quatre nuits d’un rêveur (1971), La maman et la putain (1973), La chair de l’orchidée (1974), Retour à la bien-aimée (1979), Jefferson à Paris (1995), Camille Claudel (1988), Cyrano de Bergerac (1990) tous deux récompensés par un César de l'image. Il créa maints dispositifs associés au travail de la lumière (toiles suspendues en plein air au-dessus des acteurs, installation de cubes inventés pour diffuser la lumière, projecteurs, réflecteurs...) Son apport à la photographie dans les films est considérable et ses innovations au cours de l'évolution du cinéma argentique ont largement contribué à enrichir les techniques du cinéma d'aujourd'hui. Cet homme généreux et disponible m'avait donné de précieux conseils lorsque je préparais mon premier long-métrage.

La chair de l’orchidée (1974) de Patrice Chéreau

La chair de l’orchidée (1974) de Patrice Chéreau

L’armée des ombres (1969) de Jean-Pierre Melville


lundi 1 juillet 2019

Une Palme d'Or grand public

Je n'avais pu voir Parasite lors de sa présentation à Cannes, ce fut un régal de le découvrir. D'une grande maîtrise, le film de Bong Joon-ho réussit l'exploit de réunir tous les genres en un seul: thriller, film social, comédie, tragédie et film d'horreur. La performance vaut à elle seule le détour. On se laisse littéralement happer de la première à la dernière image par l'histoire de la famille Ki-taek, issue des quartiers pauvres, qui avec un machiavélisme raffiné va peu à peu prendre possession des richissimes Park. L'oeuvre n'est pas avare de rebondissements inattendus et je dois dire qu'il était devenu assez rare ces dernières années qu'une Palme d'Or à Cannes rencontre le grand public. Voilà le lien renoué. Ne doutons pas que le film restera dans les mémoires pour son originalité, son sens du récit et son suspense hitchcockien ! Les acteurs sont formidables, en particulier Song Kang-ho qu'on ne présente plus depuis Memories of murder et Sympathy for M.Vengeance ainsi que le jeune Choi Woo-shik, découvert dans Dernier train pour Busan. Un plat savoureusement épicé à déguster en famille avec un final haut en couleurs, à éloigner tout de même des âmes trop sensibles et des enfants.

Parasite (2019) de Bong Joon-ho 

jeudi 27 juin 2019

Il y a 52 ans, le 27 juin 1967, disparaissait tragiquement à l'âge de 25 ans l'une des actrices les plus emblématiques du cinéma français. Cette merveilleuse comédienne que François Truffaut aimait appeler « Framboise Dorléac » nous laisse ses films, bien sûr, mais davantage encore : le souvenir d'une femme moderne, intemporelle et inspirante pour les générations à venir.


mercredi 26 juin 2019

Edith Scob (1937-2019) Un visage et une voix uniques sorties de la poésie, de l'imaginaire et du temps. Ibsen, Beckett, Shakespeare, Rilke, Edward Bond au théâtre et des films phares, ceux de Georges Franju : La tête contre les murs (1959), Les yeux sans visage (1959), Thérèse Desqueyroux( 1962), Thomas l'imposteur( 1965) et la Vierge Marie chez Bunuel (La voix lactée, 1969).